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Justice pour Kalinka



Petit résumé du procès d’octobre 2011

Les comptes rendus quotidiens permettent de vivre ce procès au jour le jour, mais une petite synthèse peut être utile. A l’origine du verdict, on trouve les éléments à charge apportés par trois sortes de personnages.

Krombach lui-même, avec ses réponses incohérentes (multiples versions de sa soirée), ses mensonges flagrants et explications saugrenues (le viol avoué en 97 n’en était plus un : « Elle avait été payée par M. Bamberski pour me faire chuter »). Sa seule réponse à ses victimes : le mépris (des « folles »). Un psychiatre a expliqué le fonctionnement de ce narcissique : seule l’intéresse l’emprise qu’il peut exercer par son charme ou par des moyens chimiques. Incapable d’empathie et d’autocritique, il impute aux autres la responsabilité de tous ses ennuis et se victimise, en « arrangeant » les faits.

Les victimes, celles dont on a lu la déposition, et les 3 qui sont venues d’Allemagne : certaines, la quarantaine passée, ont toujours besoin de soutien psychologique. Tous les récits se ressemblent par la préméditation, et par la piqûre laissant la victime consciente mais sans forces. On peut alors parler de « série » et le portrait se complète : le narcissique est aussi un pervers.

Les experts, avec leurs analyses imparables. Kalinka n’est pas morte d’une piqûre de fer que Krombach lui aurait faite autour du repas, mais en fin de soirée, d’une asphyxie due à une régurgitation interne qui ne peut se produire qu’en état de coma ou d’anesthésie. Or un expert, le Dr Pépin, a su analyser des prélèvements datant de l’autopsie et y a trouvé du Frisium, somnifère puissant (benzodiazépine), capable de supprimer la mémoire immédiate. Subsistant depuis 30 ans, ce produit a dû être administré en quantité notable. En surdose, ou associé au moindre choc (donc à un viol), il provoque une régurgitation mortelle. Or la déchirure signalée comme post mortem par le rapport d’autopsie, date en réalité d’avant la mort, de même que les piqûres de réanimation. Mme Lecomte, experte en médecine légale mondialement connue, dit d’ailleurs avoir été certaine d’un viol à la seule lecture du rapport d’autopsie...

Ce procès a montré les autorités allemandes couvrant Krombach du début à la fin, et de toutes les manières : dès la mort de Kalinka constatée, de multiples irrégularités se sont produites, attestées par des témoins allemands (non déclaration à la police de ce décès inexpliqué par exemple). A cela s’ajoutent la disparition du sang du cœur, des organes génitaux, les simulacres et refus d’enquête, la théorie mensongère de la chose déjà jugée en Allemagne, réutilisée inlassablement pour tenter d’empêcher le procès de 95, le procès de mars-avril 2011, et celui-ci.

Le point de vue d’A. Bamberski sur ce procès
Tout au long de ce procès il a ressenti une frustration. D’abord la cour d’assises fonctionne sur le principe d’oralité. Il existe un énorme dossier, mais les 2 juges et les jurés n’y ont pas accès. D’autre part, libre parole est laissée aux avocats. La défense a abusé de cette liberté, et a fait perdre le plus possible de temps à la cour, en reprenant sans cesse les mêmes questions, les mêmes raisonnements, en créant des interruptions. Enfin les enfants de D. Krombach, Boris et Diana, ont pu se porter partie civile en cours de procès, sous prétexte des dommages résultant pour eux de l’affaire : fausses parties civiles évidemment, puisque soutenant l’innocence de leur père, mais qui grignotaient un peu plus le temps de l’accusation. A cause de ces pertes de temps l’« intime conviction » d’un meurtre n’a pu se créer chez les jurés, estime A. Bamberski. Enfin, alors que Krombach était renvoyé devant la cour par 3 magistrats pour « homicide volontaire », l’avocat général (sous influence ?) a choisi de transformer l’accusation en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. » Or la qualification était plus importante pour A Bamberski que le nombre d’années de détention requis. Cependant il estime avoir obtenu le procès qu’il demandait au risque d’un acquittement, procès complet, avec droits de la défense respectés, et il s’en déclare satisfait. Il admire la présidente Xavière Simeoni qui connaissait parfaitement le dossier, et qui a su allier ténacité et souplesse, rigueur et humanité, pour mener à bien ce procès.

Au vu de la presse et des messages reçus par l’association, on peut donner au combat d’A. Bamberski une portée plus large. Des victimes de viol ressentent le combat d’A. Bamberski comme une justice pour elles-mêmes. Des journalistes soulignent l’imperfection de la justice européenne, et l’attitude de l’Allemagne qui prend systématiquement le parti de ses ressortissants. Des Allemands mettent en cause la justice allemande qui, disent-ils, protège les notables, et particulièrement les médecins.


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