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Justice pour Kalinka



Sixième et ultime journée d’audience :
Le procès est reporté

La vérité sur la mort de Kalinka doit encore attendre
Par précaution » la cour d’assises renonce à juger Krombach, mis au repos par les experts.

Hier, Xavière Siméoni, la présidente de la cour d’assises de Paris a suspendu le procès de Dieter Krombach. Suite au malaise cardiaque éprouvé dans la journée de dimanche par l’accusé, une expertise médicale avait été demandée lundi à la reprise des débats. Les experts ont imposé « quinze jours de repos absolu ». Faute de pouvoir exiger une si longue mobilisation du jury, la présidente a clos les débats et renvoyé le procès sine die, c’est-à-dire à une date future qui n’a pas encore été fixée. La défense de l’accusé a trouvé cette disposition « salutaire », alors que les avocats d’André Bamberski et l’avocat général se sont interrogés sur la nature de ce problème cardiaque.

Dieter Krombach, qui a quitté mercredi après-midi l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière pour retourner à l'unité de soins de la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), où il est incarcéré depuis 2009, n'était pas présent hier.

« Repos physique et psychique »
DHospitalisé à la Pitié-Salpétrière, à Paris, « suite à un malaise cardiaque », Dieter Krombach était absent lundi 4 avril. La présidente de la Cour d'assises, avait alors ajourné le procès et dépêché un cardiologue et un médecin généraliste agréés par la Cour de cassation pour procéder à des expertises complémentaires.
Le résultat de ces examens a été présenté hier dès la reprise de l’audience. Les experts, attestent l'existence, d' « une maladie des artères coronaires » qui a nécessité la pose de deux Stents (ressorts permettant de maintenir les artères ouvertes). Ils ont prescrit « un repos physique et psychique absolu de deux semaines », en conditionnant la reprise éventuelle des débats au respect d’un rythme d'audience concédant « une pause d’une demi-heure assortie d’une surveillance médicale, toutes les trois heures » à l’accusé.
Ainsi, à suivre ces indications, la cour ne pouvait reprendre l’audience avant le 21 avril pour des débats appelés à s’installer sur environ deux semaines supplémentaires. Cette éventualité est apparue inenvisageable à la cour, qui a prononcé l’annulation des audiences précédentes et annoncé un report du procès. N’étant pas maître du rôle d’audiencement, elle n’a pu fixer de date. Elle a simplement indiqué avoir « à cœur » que « ce procès ait lieu avant la fin de l’année ».

Tempêtes
Il était évident qu’une telle situation, assez exceptionnelle, n’irait pas sans réactions.
De fait, passé le moment de stupeur provoqué par l’annonce faite par la présidente, des réactions antagonistes se sont vivement manifestées de part et d’autre de la barre.
Pour Mme Danielle Gonnin, la mère de Kalinka, Me. Alexandre Parra-Bruguière estime que « nous sommes là devant un fait accompli et une exigence qu’il semble difficile de contourner. Nous prenons acte de l’avis des experts et de la décision de la cour, mais nous demandons instamment que le procès de M. Krombach se déroule enfin, et vite, si possible ».
Mes. Laurent de Caunes et François Gibault, qui défendent la cause d’André Bamberski, ont fait part de leurs « doutes » quant à la réalité de la maladie de Dieter Krombach. Ils ne s’interdisent pas de soupçonner « une exagération » de la part de l’accusé : « A chaque fois que le Dr Krombach a été confronté à la justice, il a toujours manifesté un problème coronarien », a ironisé Me. de Caunes, énumérant trois incidents survenus lors des démêlés judiciaires du médecin en Allemagne en 1997, 2000 et 2006.
L’avocat général Pierre Kramer a, pour sa part, la dent dure et l’ironie cinglante. Certain que personne n’a oublié que le malaise invoqué par l’accusé est survenu à un moment où l’audience ne lui était pas des plus favorables, il relève « le caractère opportuniste des affections du Dr. Krombach » qu'il soupçonne d'entretenir « une allergie judiciaire ». Faisant écho à la remarque de Me. de Caunes concernant ses problèmes coronariens à répétition au moment des procès, il conclut : « c'est une forme de refus d'obstacle ».
Ces saillies, ont pour effet immédiat de susciter l'indignation des avocats de la défense de Dieter Krombach. « Vous voulez continuer à dire qu'il fait semblant jusqu'à ce qu'il meure ? », s'insurge Me. Philippe Ohayon, « L'état de santé d'un accusé est prioritaire ! », renchérit Me. Yves Levano. « Notre client n’est pas un chien ! Son état de santé passe avant la tenue du procès, c'est la vie d'un homme qui est en jeu », pestent-ils en qualifiant de « dégueulasse » l’attitude des avocats de la partie civile et de l’avocat général.
Riposte immédiate de Xavière Siméoni : « M. Krombach n’a pas été traité comme un chien, mais dignement », tranche-t-elle avec un vrai courroux à l’adresse de Mes. Levano et Ohayon, dans une salle électrisée par un conflit et une animosité palpables.

Et maintenant ?
Un nouveau procès va maintenant devoir être audiencé (c’est-à-dire programmé, Ndlr). Celui-ci reprendra alors les débats de zéro avec de nouveaux jurés. Les témoins déjà entendus depuis le 29 mars seront re-convoqués. Le Dr Krombach, lui, restera en détention jusque-là.
Toutefois, il serait vain de croire que les avocats du Dr. Krombach vont rester les bras croisés. On peut présumer, sans trop jouer les devins, qu’ils ne tarderont pas à déposer une demande de remise en liberté sur un fondement médical. Peut-être ne s’interdiront-ils pas non plus de lancer d'autres tentatives procédurales pour faire déclarer son procès illégal. En effet, on ne saurait négliger que ce procès est soutenu par l'ambassade d'Allemagne, qui a dépêché plusieurs représentants officiels aux audiences et a soutenu, par la voix des avocats, l'irrégularité des procédures françaises incriminant Dieter Krombach. Selon l’Allemagne le dossier est clos, d’une part, et d’autre part, la France n'a pas le droit de juger un homme enlevé sur son territoire.
De la même façon, les avocats d’André Bamberski et de Danielle Gonnin ne laisseront pas leur temps inemployé. Sans doute mettront-ils tout leur poids dans la balance pour réduire –autant que faire se peut- le délai de comparution de l’accusé. Cependant, maintenant soumis à des conditions drastiques –pause d’une demi-heure toutes les trois heures- le procès à venir devra s’installer sur au moins trois semaines. Ceci complique d’autant le travail du rôle de la cour d’assises qui doit planifier les multiples audiences qui s’enchaînent tout au long d’une année judiciaire. S’il est relativement aisé de trouver deux journées et une salle pour une petite affaire, les exigences d’un gros procès sont beaucoup plus complexes à caler dans un emploi du temps (et des locaux) relativement dense.

A.J-K


André Bamberski : « je crois toujours en ce procès »

Invité à se prononcer, André Bamberski a enjoint la cour de « tenir compte de tout ce stratagème » « Je suis loin d'être certain que M. Krombach est vraiment malade (…) ce stratagème médical a été mis en place par les autorités politiques allemandes et les avocats de la défense ».
« Il n'a que des problèmes de vaisseaux et d'athéromes pour lesquels il est soigné », a affirmé André Bamberski à la sortie de l'audience. « Il suffit, quand il le veut, qu'il ne prenne pas pendant quatre ou cinq jours ses médicaments contre le cholestérol et il a automatiquement des problèmes de vaisseaux sanguins qui se referment. Il va alors le faire vérifier et on lui pose des stents. (…) Ses avocats ont toujours déclaré que ce procès n'aurait pas lieu, et il n'a pas lieu, comme prévu. Je n'ai aucun moyen pour qu'il se tienne, mais après autant de batailles et de péripéties, je crois toujours que ce procès se déroulera un jour ».
Il a également exprimé un regret : « Kalinka a été la grande absente du procès. La défense du docteur Krombach, n’a même pas eu la décense d’évoquer sa mémoire ».


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